Author Archives: Nagnimban Thio

Témoignage de Chancelline à l’Association Saint Camille

De gauche à droite : Chancelline, Grégoire et Alice (Malade rétablie)

Chancelline, la joie de renaître

Originaire du Bénin, Chancelline a été recueilli dans les rues de Calavi pendant la semaine sainte de l’année 2018. Un jour, alors que nous parcourions les rues à la recherche des « Oubliés des oubliés », une dame vint nous annoncer qu’un malade mental dore tous les jours dans la rue derrière sa maison. Nous nous somme rendu sur les lieux et avons vu Chancelline dans des conditions pitoyables et la ramena au Centre. Une fois, au centre, elle a reçu les meilleurs soins possibles et a été traité comme un être humain.

Deux mois plus tard, elle était en mesure de nous raconter sa mésaventure. Traitée pendant plusieurs mois chez les guérisseurs traditionnels et dans les camps de prières, elle a été rejetée et abandonnée par les siens à Cotonou. Le seul numéro qu’elle avait gardé en tête est celui de son mari. M. Grégoire a alors appelé ce dernier ; qui à notre grande surprise à dit qu’il ne la connaissait pas et qu’il lui avait interdit de donner son numéro à quelqu’un, encore moins de l’appeler. Face à cette situation, elle a travaillé aux archives dans le Centre de Tokan pendant quelques mois avant d’être transféré dans le Centre de Djougou ; car elle nous a dit qu’elle est originaire de Djougou. Une fois à Djougou, elle s’est engagée résolument et avec joie à cuisiner pour les malades du Centre. Pendant que Chancelline s’occupait des autres malades, nous avons continué les recherches jusqu’à ce qu’au mois de septembre 2018, nous avons retrouvé sa famille. La joie des retrouvailles était si immense que les uns et les autres ont pleurés de joie pendant des heures. Après s’être indigné devant leur fille et lui avoir présenté leurs excuses pour l’avoir abandonné, les parents ont accueilli comme une grâce, le désir de leur fille de se dédier entièrement au service des personnes souffrant de la maladie mentale. Aujourd’hui, Chancelline est la responsable des cuisinières du Centre de Sokodé. Avec Alice, les deux étaient prises dans la rue, actuellement elles accomplissent un travail remarquable pour le bien-être des malades ; car personne n’est perdue pour Dieu.

Encore une fois que le nom du Seigneur soit glorifié. Car, Chancelline était perdu et elle est retrouvée ; elle avait perdu sa dignité humaine, et elle l’a recouvré.


Témoignage de patiente de l’Association Saint-Camille

De gauche à droite : Anna (Coopérante Italienne), Céline et Camille (Coopérante Canadienne)

Céline, la joie de retourner chez soi

Céline est originaire de la Côte d’Ivoire. Souffrant de maladie mentale, elle a quitté son pays pour le Togo : ce sont des milliers de kilomètres qu’elle a parcouru jours et nuits, sous le soleil et la pluie, dormant dans la rue, les marchés ou au bord des routes jusqu’à ce qu’elle se retrouve un jour à Amaoudè/Sokodé, village où se trouve notre centre psychiatrique. Partie d’Abidjan, elle s’est retrouvée au Ghana, au Burkina-Faso, au Togo précisément à Lomé avant d’atterrir à Amaoudè. Elle passait quand les villageois lui ont dit d’entrer dans le centre où elle trouvera de la nourriture ; ce qu’elle fit avec empressement. C’est ainsi que nous avons recueilli Céline le 18 février 2019. A son arrivée, elle était très sale, mal habillée, crottée, dégageant une odeur nauséabonde : en un mot, elle était l’incarnation de ceux qui ont perdu leur dignité humaine. Mais comme à l’accoutumé, nous l’avons coiffé, lavé, revêtu de beaux vêtement et faire manger à satiété. Ce n’est qu’après cela que nous avons commencé son protocole.

Deux semaines plus tard, elle rayonnait de joie et à retrouver le goût de vivre. Au fil des jours, elle nous précisa que ses parents habitent Bondoukou en Côte d’Ivoire ; et que la maladie a commencé après ses nombreuses disputes avec son mari parce qu’elle n’arrivait pas à concevoir. Cinq mois plus tard, le 25 juillet 2019 (en la fête de Saint Jacques Apôtre), M. Grégoire visite le Centre d’Amaoudè et découvre Céline. Elle lui raconte son histoire. Aussitôt, il appelle le Centre de Bondoukou qui se mit à la recherche de la famille de Céline en se basant sur les informations qu’elle avait données. Avant la fin de la journée, sa famille a été retrouvée. Au dire de ses parents, elle a quitté Bondoukou depuis plus de quatre ans (04) et personnes ne l’a plus jamais revue. C’est avec des larmes qu’ils ont exprimé leur joie de la savoir encore en vie. Le deux (02) Août prochain, elle retournera chez elle à Bondoukou avec M. Grégoire pour la joie des siens.

Que le nom du Seigneur soit toujours loué. Car, « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, c’est l’homme débout » !


Consécration dans la Fraternité Saint-Camille »Oasis d’Amour »

Le samedi 13 juillet 2019, la Fraternité Saint Camille de Lellis « Oasis d’Amour » a vécu deux événements majeurs : bénédiction de la chapelle du Centre de Tokan et premières consécrations définitives au service des personnes souffrant d’un handicap mental.

Double motif d’action de grâce dans la Fraternité Saint Camille de Lellis « Oasis d’Amour ».

Pendant la sainte messe présidée par son Excellence Monseigneur Roger HOUNGBEDJI, Archevêque de Cotonou et concélébrée par 18 prêtres, les sœurs Alice Somé, Nathalie Labarmou, Pascaline Agboton, Ida Dossou, Florence Assinou, Jeanne s’Arc Lankoandé et Georgette Néo ont manifesté leur engagement définitif dans ladite fraternité, devant plusieurs dizaines de religieuses, religieux, et autorités politico-administratives et tout le peuple de Dieu venu les accompagner de leurs prières. Par ce geste, elles acceptent, librement et pour toute leur vie de témoigner de la Miséricorde de Dieu à la suite du Christ, en vivant dans le Célibat consacré, et en se mettant résolument au service des personnes souffrant d’handicap mental, partout où elles seront envoyées. L’Archevêque de Cotonou a saisi l’occasion pour adresser ses sincères gratitudes à M. Grégoire Ahongbonon et à tous ses collaborateurs pour ce beau témoignage par lequel ils nous ramènent à l’essentiel de l’Evangile à savoir : L’attention aux malades, aux « Oubliés des oubliés », aux rejetés de nos sociétés, ceux-là mêmes auxquels le Christ s’identifie.

Quelques repères

La Fraternité Saint Camille de Lellis « Oasis d’Amour », est née en 2003 au cœur de l’Association Saint Camille de Lellis, de l’intuition du Fondateur M. Grégoire Ahongbonon. Elle regroupe celles et ceux qui manifestent le désir et la bonne volonté de consacrer toute leur vie pour le service des personnes vivant avec un handicap mental. Cette fraternité est insérée au cœur des centres d’accueil et de réinsertion de l’Association Saint Camille de Lellis où chacun est convié à rayonner d’amour pour les malades.

Notons enfin, que la Fraternité Saint Camille de Lellis « Oasis d’Amour » a reçu de l’Esprit Saint par son Fondateur le Charisme de rechercher le visage du Christ dans les personnes vivant avec un handicap mental, les « Oubliés des oubliés », en gardant une attention à toute personne rejetée par la société, les aidants à retrouver leur dignité humaine, dans un abandon total à la Providence. C’est par un Accueil vécu dans la Compassion que nous désirons être à  l’Ecoute et au service des malades dans la Patience,  avec un regard Confiant pour leur croissance humaine et spirituelle.


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