Author Archives: Nagnimban Thio

Echos du centre de Tokan

Bref résumé du vécu du mois de juillet 2019

Vu le quotidien de notre centre, où l’affluence se fait remarquable, nombreux sont les évènements que nous vivons au quotidien.
Parmi tant d’autres, nous pouvons retracer brièvement celui du mois de juillet.
Nous soulignons ici, la croissance du nombre de nouveaux cas. Vu le nombre de rechutes, nombreux sont les patients ayant répondu présent à leur rendez-vous.
La population de Cotonou, Calavi et alentours, surtout ceux qui sont informés de l’existence du centre et amis envoient tous ceux qu’ils trouvent errant dans les rues. Sans compter nos diverses sorties et appels pour aller prendre par-ci et par-là partout où nous sentons la présence de nos frères et sœurs qui se trouvent dans des situations difficiles abandonnés par les leurs et par la société malgré tout effort.
Notons aussi les forces de l’ordre qui ont été plus fréquentes nuits et jours ce mois-ci.
Nous avons toujours fait la réinsertion familiale et professionnelle de ceux qui se sont stabilisés ou rétablis.

Il y a trois évènements qui nous ont plus marqués ce mois ci

Une réconciliation rendue possible grâce aux soins et au dialogue

Monsieur Gustave Médecin-Chirurgien retraité avait été pris dans une maison où il n’y avait aucun membre de sa famille et dans une situation critique par le personnel du centre. Il a demandé à plusieurs fois à retourner à son domicile  après d’être stabilisé mais il ne connaissait plus où se trouvait ses parents ; grande fut notre joie de retrouver sa famille qui après diverses sensibilisations a pu l’accepter à nouveau en famille pour observer ses traitements mensuels.

Des retrouvailles sous un jour nouveau

Madame Jacqueline retrouvée dans la rue depuis plusieurs années au service de ses frères et sœurs dans le centre. Ce mois-ci, ce fut une grande joie pour tous de retrouver son mari et ses filles. Elle a été institutrice pendant plusieurs années avant la maladie. Traitée à plusieurs endroits et à l’indigénat d’où elle s’est retrouvée dans la rue.

Perdue hier et retrouvée aujourd’hui

Madame Edwige retrouvée dans la rue, stabilisée après traitement a vu une voisine de son quartier qui avait été aussi malade et hospitalisée et qui s’est rétablie. Le jour de la sortie de cette dernière, Edwige l’a chargée d’informer ses parents qu’elle est sous traitement au centre Saint Camille de Tokan. Ceux-ci qui la croyait déjà décédée furent émues de la revoir au centre. Notons qu’il y a plus de Sept ans qu’elle a été malade et qu’elle a été traitée à Jacquot et chez un professeur, des soins émaillée de plusieurs rechutes. Un jour elle a donc disparue de la maison alors qu’elle était une enseignante avant la maladie.

 


Témoignage de Chancelline à l’Association Saint Camille

De gauche à droite : Chancelline, Grégoire et Alice (Malade rétablie)

Chancelline, la joie de renaître

Originaire du Bénin, Chancelline a été recueilli dans les rues de Calavi pendant la semaine sainte de l’année 2018. Un jour, alors que nous parcourions les rues à la recherche des « Oubliés des oubliés », une dame vint nous annoncer qu’un malade mental dore tous les jours dans la rue derrière sa maison. Nous nous somme rendu sur les lieux et avons vu Chancelline dans des conditions pitoyables et la ramena au Centre. Une fois, au centre, elle a reçu les meilleurs soins possibles et a été traité comme un être humain.

Deux mois plus tard, elle était en mesure de nous raconter sa mésaventure. Traitée pendant plusieurs mois chez les guérisseurs traditionnels et dans les camps de prières, elle a été rejetée et abandonnée par les siens à Cotonou. Le seul numéro qu’elle avait gardé en tête est celui de son mari. M. Grégoire a alors appelé ce dernier ; qui à notre grande surprise à dit qu’il ne la connaissait pas et qu’il lui avait interdit de donner son numéro à quelqu’un, encore moins de l’appeler. Face à cette situation, elle a travaillé aux archives dans le Centre de Tokan pendant quelques mois avant d’être transféré dans le Centre de Djougou ; car elle nous a dit qu’elle est originaire de Djougou. Une fois à Djougou, elle s’est engagée résolument et avec joie à cuisiner pour les malades du Centre. Pendant que Chancelline s’occupait des autres malades, nous avons continué les recherches jusqu’à ce qu’au mois de septembre 2018, nous avons retrouvé sa famille. La joie des retrouvailles était si immense que les uns et les autres ont pleurés de joie pendant des heures. Après s’être indigné devant leur fille et lui avoir présenté leurs excuses pour l’avoir abandonné, les parents ont accueilli comme une grâce, le désir de leur fille de se dédier entièrement au service des personnes souffrant de la maladie mentale. Aujourd’hui, Chancelline est la responsable des cuisinières du Centre de Sokodé. Avec Alice, les deux étaient prises dans la rue, actuellement elles accomplissent un travail remarquable pour le bien-être des malades ; car personne n’est perdue pour Dieu.

Encore une fois que le nom du Seigneur soit glorifié. Car, Chancelline était perdu et elle est retrouvée ; elle avait perdu sa dignité humaine, et elle l’a recouvré.


Témoignage de patiente de l’Association Saint-Camille

De gauche à droite : Anna (Coopérante Italienne), Céline et Camille (Coopérante Canadienne)

Céline, la joie de retourner chez soi

Céline est originaire de la Côte d’Ivoire. Souffrant de maladie mentale, elle a quitté son pays pour le Togo : ce sont des milliers de kilomètres qu’elle a parcouru jours et nuits, sous le soleil et la pluie, dormant dans la rue, les marchés ou au bord des routes jusqu’à ce qu’elle se retrouve un jour à Amaoudè/Sokodé, village où se trouve notre centre psychiatrique. Partie d’Abidjan, elle s’est retrouvée au Ghana, au Burkina-Faso, au Togo précisément à Lomé avant d’atterrir à Amaoudè. Elle passait quand les villageois lui ont dit d’entrer dans le centre où elle trouvera de la nourriture ; ce qu’elle fit avec empressement. C’est ainsi que nous avons recueilli Céline le 18 février 2019. A son arrivée, elle était très sale, mal habillée, crottée, dégageant une odeur nauséabonde : en un mot, elle était l’incarnation de ceux qui ont perdu leur dignité humaine. Mais comme à l’accoutumé, nous l’avons coiffé, lavé, revêtu de beaux vêtement et faire manger à satiété. Ce n’est qu’après cela que nous avons commencé son protocole.

Deux semaines plus tard, elle rayonnait de joie et à retrouver le goût de vivre. Au fil des jours, elle nous précisa que ses parents habitent Bondoukou en Côte d’Ivoire ; et que la maladie a commencé après ses nombreuses disputes avec son mari parce qu’elle n’arrivait pas à concevoir. Cinq mois plus tard, le 25 juillet 2019 (en la fête de Saint Jacques Apôtre), M. Grégoire visite le Centre d’Amaoudè et découvre Céline. Elle lui raconte son histoire. Aussitôt, il appelle le Centre de Bondoukou qui se mit à la recherche de la famille de Céline en se basant sur les informations qu’elle avait données. Avant la fin de la journée, sa famille a été retrouvée. Au dire de ses parents, elle a quitté Bondoukou depuis plus de quatre ans (04) et personnes ne l’a plus jamais revue. C’est avec des larmes qu’ils ont exprimé leur joie de la savoir encore en vie. Le deux (02) Août prochain, elle retournera chez elle à Bondoukou avec M. Grégoire pour la joie des siens.

Que le nom du Seigneur soit toujours loué. Car, « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, c’est l’homme débout » !


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